A vélo avec Patrick, de La Réole vers l’Irlande ! Le Paddy’s tour 2026

Les terres Irlandaises au rythme lent d’un cycliste rêveur et motivé, Patrick, un habitant du sud gironde, qui a choisi ce voyage en toute tranquillité. Escorté par une poignée de proches jusqu’à la gare de La Réole, Patrick a enfourché son vélo à la pointe du Médoc pour se diriger peu à peu vers l’Irlande. Vous trouverez dans cet article réactualisé ponctuellement, des photos et quelques témoignages sonores de notre ami routard, Patrick.

Voilà donc les photos postées par Patrick le 21 juillet dernier, un montage pour apprécier l’étape de cette journée. Tour de la Dingle Peninsula, à flanc de falaise, le sentier de randonnée le plus populaire d’Irlande, cependant n’oublions pas que notre ami est cycliste. La péninsule se situe dans le comté de Kerry.
Pour les cinéastes : Quelques tournages de films sont passés par là, citons Star Wars, épisode VIII – Les Derniers Jedi. Patrick aurait-il la force en lui ?
Photos @Patrick Faure

En ce qui concerne la musique Irlandaise, voici un extrait enregistré dans un Pub, par Patrick en soirée, comme une conclusion festive à cette journée.

Avant, Patrick était dans le National Park of Kerry. Selon le site www.chalair.fr, ce sanctuaire de 10 000 hectares est un paradis pour les amoureux de nature. Entre montagnes rousses et forêts de chênes centenaires, le dépaysement est total. Formidable dépaysement pour notre Réolais en vadrouille, qui a du s’émerveiller à chaque mètre parcouru, nous lui demanderons sa vitesse de croisière sur cette partie là particulièrement, à son retour. Quelques photos postées le 20 juillet dernier.
Crédit photos @Patrick Faure

Le 17 juillet dernier, c’était la traversée vers les terres Irlandaises, de Roscoff à Cork, une traversée des eaux de la Manche et de la mer Celtique. Imaginons l’excitation de Patrick sur le Ferry, la traversée dure généralement et en moyenne treize heures trente. Selon les photos de Patrick, la météo était plutôt favorable.
Crédit photos @Patrick Faure

Le livre de l’été 2026, est un premier roman : La Lisière d’Anne Valden

La Lisière, depuis la bordure, est un premier récit d’une trilogie proposée par Anne Valden, jeune autrice vivant dans la Marne. Une écriture fluide, dont les mots traduisent une ambiance où le ressenti a toute sa place. C’est captivant et on se laisse très vite emporter par l’histoire de Maxime l’héroïne, au point d’en oublier le temps, et de lire jusqu’à la dernière ligne. La suite est actuellement en écriture, il faudra être patient pour poursuivre le voyage.

https://www.amazon.fr/Lisière-bordure-Mme-Anne-VALDEN/dp/B0H6312FRX

  • Isabelle Wagner : Un rayon de soleil, nous sommes sur le parvis de la Cathédrale de Reims dans la Marne. Rien que ça, un cadre somptueux, plein de promesses aussi pour une jeune autrice qui sort son premier ouvrage, son premier récit inclassable. On va savoir d’ailleurs pourquoi. Elle s’appelle Anne Walden. Bonjour Anne.
  • Anne Valden : Bonjour.
  • Isabelle Wagner : En quelques mots ?
  • Anne Valden : Débutante, en découverte et un peu exploratrice sur les bords.
  • Isabelle Wagner : J’ai dit que c’était inclassable, pourquoi ?
  • Anne Valden : Parce que c’est un style assez contemplatif et très narratif. Et c’est vrai qu’on me demande souvent de mettre des étiquettes. On m’a demandé d’abord de mettre l’étiquette contemporain, ensuite littéraire. Mais c’est vrai que je ne reconnais pas vraiment le style de mon écriture là-dedans. J’ai aussi du mal à me jauger moi-même, vu que c’est un premier livre. Donc, à classer, pour présenter, c’est un peu compliqué.
  • Isabelle Wagner : Ça parle de quoi ?
  • Anne Valden : Ça parle de Maxime, qu’on appelle Max, qui est une jeune femme qui… Tout en soi, elle est assez prometteuse, qui a une vie très prise, très prenante, et qui un jour malheureusement se fait percuter par une voiture en rentrant du travail, et qui de là tombe dans un coma, mais reste consciente. C’est-à-dire qu’elle va pouvoir voir les personnes qui viennent la visiter, la contempler, c’est le mot, et apprendre de ce coma et revenir après d’une façon un peu plus différente en ayant tiré des leçons et des expérimentations de son parcours.
  • Isabelle Wagner : C’est un sujet difficile, un sujet un peu spirituel aussi. Pourquoi ce sujet là ?
  • Anne Valden : Déjà parce que j’avais à cœur de voyager. Je pense que lire, ça nous aide à voyager sans partir de chez nous. Je suis quelqu’un qui adore lire depuis toujours. J’ai écrit le début de ce roman il y a des années. Je l’ai laissé de côté. Au début, c’était une nouvelle. En ouvrant mes cartons, je suis retombée dessus. Je me suis dit qu’aujourd’hui, à 33 ans, j’étais un peu plus concernée par le sujet et que c’est vrai qu’on passait tous à côté de nos collègues de travail, de nos voisins. sans vraiment faire attention et en étant dans cette espèce de tunnel quotidien où on enchaîne notre vie. Et on ne prend pas le temps, en fait, vraiment, de se poser, d’analyser, de comprendre les émotions de chacun, le pourquoi ils réagissent comme ça, et puis, je trouvais que le coma, le fait d’avoir ce côté conscient-inconscient, était assez intéressant.
  • Isabelle Wagner : Qu’est-ce qui a donné l’envie d’écrire ?
  • Anne Valden : Je crois que j’ai toujours eu l’envie d’écrire, j’ai toujours beaucoup écrit, mais j’ai toujours beaucoup jeté mes brouillons aussi. Je pense que ce n’est pas une envie, c’est une nécessité pour moi, c’est automatique. Quand je m’ennuie, j’écris. Quand j’ai besoin de vider ma tête, j’écris. Quand j’ai besoin de rêver, j’écris. C’est le prolongement de mon esprit.
  • Isabelle Wagner : Un prolongement de soi, l’écriture, Est-ce que que quand vous vous ennuyez, vous avez également une autre expression sous le coude ?
  • Anne Valden : J’en ai eu pas mal. J’ai eu une période où c’était beaucoup, beaucoup de couture. Je me levais en pleine nuit pour créer. J’ai fait une partie de mes études aussi là-dedans. Depuis quelques années, ça a aussi beaucoup repris. Mais le dessin est une grosse part de ma personne. Je pense que tout ce qui est un besoin d’expression est d’extérioriser un peu ce qu’on a dans la tête.
  • Isabelle Wagner : C’est un exutoire ?
  • Anne Valden : C’est ça. C’est un exutoire. Et puis c’est une façon de… de mettre sur papier, que ce soit à l’écrit ou en dessinant, ce qu’on a en visu, mentalement. Des fois, on a une image qui reste collée à la rétine, une émotion, on a besoin de la coucher sur papier, et de pouvoir soit pour la sortir, soit pour l’appréhender différemment, et comprendre ce que ça nous apporte.
  • Isabelle Wagner : C’est un sacré pari que d’écrire un récit, c’est un sacré pari aussi que de l’éditer. Comment vous avez vécu ça ?
  • Anne Valden : Je n’ai pas envoyé mon manuscrit, parce que je pense que j’ai un peu le… J’ai un peu le syndrome de l’imposteur, comme beaucoup je pense, quand on fait quelque chose, on a toujours peur d’être jugé. J’ai écrit cette suite en deux semaines, en travaillant de nuit, parce que ça sortait comme ça. Ensuite, il y a eu beaucoup de mois où j’ai retrié mes écrits, où j’ai tout retravaillé, où j’ai mis en forme. C’est vrai que je pense que c’est compliqué de soumettre ces écrits à des professionnels. Les maisons d’édition en plus sont submergées de demandes. De propositions, des fois c’est beaucoup de choses qui se ressemblent parce que je pense qu’involontairement on réécrit des choses qu’on a déjà vues ou écoutées ou lues très inconsciemment. Je pense que c’est un gros travail pour les maisons d’édition. Après, moi j’ai fait le choix de partir en auto-édition parce que j’ai tellement retravaillé mon texte malgré le fait que je n’aime pas du tout me lire. J’aime beaucoup écrire, je n’aime pas du tout me lire. Donc je pense que c’était le choix de ne plus y toucher. J’avais ce côté où c’était fini, j’avais besoin de le jeter sur une table, de dire c’est terminé, maintenant ça marche, ça ne marche pas, mais moi je suis allée au bout de ce projet et j’ai pas envie d’y retoucher. J’avais cette grosse peur de maisons d’édition qui me disent ça, ça a amélioré, changé des noms et c’était tellement instinctif pour moi dans cette écriture-là que je ne voulais vraiment pas modifier quoi que ce soit.
  • Isabelle Wagner : C’est quoi le rituel de l’écriture à part que ça se passe la nuit, quand tout le monde dort, parce que je crois que vous êtes maman aussi. Donc il y a un espace-temps qui est vraiment dédié à ça. Mais quel est le rituel qui va avec ? Comment ça se présente ?
  • Anne Valden : Alors effectivement j’ai deux petits bouts de choux. Du moment qu’il y a un bon café, une table assez confortable ou un banc, je suis très très bien comme ça pour écrire, que ce soit de jour comme de nuit. Mais c’est vrai que la nuit est plus propice parce que c’est plus calme, parce qu’il y a moins de bruit extérieur, il y a moins d’obligations. Et puis c’est plus reposant de pouvoir se mettre vraiment avec son petit plaid, un peu cocooning, mais voilà. Je pense que le seul rituel me concernant, c’est vraiment un bon thé ou un vrai bon cappuccino.
  • Isabelle Wagner : Amélie Nothomb qu’on ne présente plus et dit qu’elle se lève vraiment aux aurores pour écrire au moins une à deux heures au quotidien. Qu’est-ce que vous en pensez ?
  • Anne Valden : En étant décalée, quand ma petite dort, je profite pour dormir aussi ou pour faire d’autres choses. Récupérer un peu de temps de sommeil, puisqu’elle est encore très jeune. Alors moi, je n’écris pas comme ça avec cette discipline, parce que je pense que la discipline, moi, ça a toujours fait deux. Par contre, je lis énormément. Je m’impose trois à quatre livres par mois. Et je lis en général deux à trois livres en simultané. Parce que j’ai besoin justement de jongler avec mon mental. Et selon mes humeurs… D’avoir un peu d’apport d’une histoire ou d’une autobiographie, ou peu importe, vraiment, que ce soit des mangas jusqu’au roman thriller. Je pense qu’on a chacun notre petit rituel, qu’on écrive ou pas. On a besoin de cette discipline qui est notre point de repère et qui a un petit peu ce côté rassurant.
  • Isabelle Wagner : Est-ce que dans ce livre, il y a un petit peu de vous ?
  • Anne Valden : Un petit peu. Je pense qu’on a toujours une part de nous quand on écrit quelque chose, quand on crée.
  • Isabelle Wagner : Oui, dans l’histoire, je veux dire un petit peu de vous dans les personnages, dans Max.
  • Anne Valden : Peut-être dans le côté sarcastique, peut-être dans la façon de parler sur l’ironie. Le côté du personnage qui a tendance à faire la détachée sans l’être réellement, peut-être. C’est un petit peu de moi. Mais dans les grosses lignes, j’évite de mettre de ma personne parce que ce n’est pas le but. Mais les personnages en général, une fois qu’ils ont leur caractère dans ma tête, viennent très simplement.
  • Isabelle Wagner : Je crois savoir que certaines personnes ont lu déjà ce livre. C’est-à-dire un club de lecteurs qui se prête aussi à ce jeu-là, pour des nouveaux auteurs, pour des nouvelles histoires qui apparaissent comme ça. Quelles ont été les critiques ou les impressions sur cette histoire qui s’appelle La Lisière ?
  • Anne Valden : Alors oui, effectivement, j’ai eu quelques bêta-lecteurs où je n’ai pas dit que c’était moi. C’est un petit club où on fait lire nos manuscrits. ou des parties de manuscrits, on donne nos avis en toute objectivité. Ce qui ressortait, c’était qu’apparemment, ce n’était pas un type d’écriture très commun dans ce que je proposais. Et que ça serait à double tranchant, que soit ça passait, soit ça ne s’intéressait totalement. On m’a dit que ça se lisait assez facilement. Comme on m’a dit que c’était un côté narratif un peu détaché de l’histoire, où ce n’est vraiment pas étape par étape, et que c’est un suivi de pensée du personnage. Que ça coulait un peu de soi dans la lecture, ce qui est tant mieux, parce que c’est aussi l’effet que j’aime bien en tant qu’lectrice, de pouvoir poser mon esprit sur un texte et d’aller au bout et me dire « Oh là là, j’ai commencé à 10h, il est 22h, il faudrait peut-être que je mange ou que je fasse mes obligations. » Donc je le prends plutôt bien, après je sais que ce n’est pas un style qui plaira à tout le monde. Et tant mieux, si on avait tous les mêmes goûts, la vie serait vraiment triste. Si ça plaît, ne serait-ce qu’à 5-6 personnes, moi ça me va très bien. Je ne prétends pas du tout chercher un succès, je prétends juste apporter un petit peu ma patte quelque part. S’il n’y a qu’une personne, il n’y a qu’une personne. Si on a 5-6, on a 5-6, tant mieux.
  • Isabelle Wagner : Et si on il y en a 50 000 ?
  • Anne Valden : Je serais la première étonnée. Je serais extrêmement touchée que ça plaise et que ça parle à des personnes. J’ai… Ma façon d’écrire dans le livre, parce qu’il y a aussi un côté vécu, mais qui ne me parle qu’à moi. Après, voilà, c’est… Si, Succeya, Succeya, de toute façon, la suite est en cours.
  • Isabelle Wagner : C’est en fait un premier jet d’une histoire qui va avoir plusieurs volets.
  • Anne Valden : En prévision, ça sera une trilogie. En prévision, parce que j’ai déjà ma suite. La lisière, là, c’est le tome 1, qui pose vraiment le contexte. et un peu l’atmosphère de la trilogie. Ça ne sera pas forcément le même personnage et le même point de vue, mais les personnages qu’il y a dans le premier seront toujours là. Et effectivement, ils sont voués normalement à être sur trois livres.
  • Isabelle Wagner : C’est inspirant dans la vie pour vous ?
  • Anne Valden : Compliqué, je pense que c’est un peu tout. Je m’inspire vraiment des personnes que je croise parce que j’appelle ça l’effet boule de riz.
  • Isabelle Wagner : Boule de riz ? Je ne connaissais pas. Je connaissais boule de neige mais pas boule de riz.
  • Anne Valden : Il y a… un plat japonais que j’affectionne particulièrement où en fait le goût est au dos caché par une feuille d’onigiri et je m’amuse à dire grâce à un manga qui a bercé mon eau d’essence que c’est vraiment la même chose avec les qualités et avec qui on est c’est à dire que nos qualités nous on ne les voit pas parce qu’en fait elles sont dans notre dos c’est comme des petits diamants on se dit qu’on n’en a pas forcément et en fait les personnes qui tiennent à nous qui savent bien nous regarder eux les voient ! Et je trouve ça très inspirant d’écouter les personnes parler d’eux, de tout ce qu’ils ont fait, sans qu’ils se rendent compte à quel point ils donnent, s’investissent et ont des valeurs sans même s’en rendre compte, de par leur choix. On n’est pas un chemin tout tracé, on n’est pas forcément à s’évaluer sur ce qu’on réussit ou pas, parce que beaucoup s’évaluent la réussite au niveau du travail, au niveau du foyer. Je pense que notre réussite vient de nos choix.
  • Isabelle Wagner : Quel était le manga de votre enfance ?
  • Anne Valden : Fruit Basket. Ce qui m’inspire le plus, c’est ce côté où on s’apporte tous quelque chose sans vraiment s’en rendre compte.
  • Isabelle Wagner ! Quel auteur vous fait courir dans une librairie pour acheter son dernier ouvrage ?
  • Anne Valden : Il y a beaucoup d’auteurs qui me font courir. Si je devrais en citer que trois, il y aurait Amélie Nothomb, bien sûr. Il y aurait Barjavel. Il y aurait Bernard Werber aussi. C’est assez varié mais ça serait les trois que je retiendrai !
  • Isabelle Wagner : Merci Anne Valden, longue vie à cet ouvrage et longue vie à la suite de cet ouvrage donc à la trilogie, merci beaucoup à vous !

    https://podcast.ausha.co/les-balades-d-isa/un-premier-ouvrage-captivant-anne-valden-presente-la-lisiere

Les Nuits d’Hure, un Festival Jazz au cœur de la nature

Un vieux séchoir à tabac accueille depuis 2024, une poignée d’artistes jazz, de haute renommée. En 2026, les 4, 5 et 6 septembre, vous apprécierez deux concerts à chaque date, dont une nouveauté le dimanche, un jazzy brunch incluant le déjeuner et l’après-midi. Thierry Welhoff, le créateur de ce Festival « Les Nuits d’Hure » à Hure en Gironde, raconte l’aventure.

  • Thierry Welhoff : Je suis un ancien parisien qui est venu s’installer en Sud-Gironde il y a cinq ans. Ça n’a absolument aucun rapport avec le Covid, mais par contre c’était à peu près juste après le Covid, donc c’était au même moment, mais ça n’a aucune relation. J’avais une agence de communication à Paris, qui était une belle agence, qui marchait très très bien, mais je me suis dit, si je veux pas finir mes jours sans avoir fait ce que je voulais de ma vie, il va falloir que je me rapproche de deux choses, ces deux choses c’était d’abord la nature, j’avais envie d’être près de la nature, j’ai la chance d’habiter une maison qui est en bordure de forêt, en plein milieu des champs, donc c’était formidable, et puis me rapprocher de la musique aussi, parce que mes plus belles émotions, enfin en tout cas, parmi mes plus belles émotions, il y avait la musique, et en particulier le jazz, pas que le jazz d’ailleurs, mais beaucoup le jazz, parce que ce plus mauvais Je devais nom d’ailleurs pour définir une musique parce que le jazz n’existe pas. Il existe des jazz. Tellement de jazz différents et tellement fantastiques avec une ou deux choses qui les relient. Mais il existe des jazz. Donc j’avais envie de me rapprocher de la nature et du jazz. Et c’est ce que j’ai fait. Et j’en suis très heureux. À Lure. Un petit village, Lure, pas plus de 450 habitants si ma mémoire est bonne, qui se trouve à 6 km de la Réole. Dans l’extrême sud du Gironde. Il y a le village de Meillan après.
  • Isabelle Wagner : Est-ce que tu te souviens de ta première émotion avec cette musique, particulièrement ?
  • Thierry Welhoff : Il y en a eu deux. Il y en a eu une première qui n’était pas de la musique, qui n’était pas du jazz, qui était de la musique classique. Ma grand-mère m’avait amené au théâtre des Champs-Élysées à Paris écouter les Brandebourgeois de Bach avec la musique d’Aria et j’ai trouvé ça absolument incroyable. J’ai trouvé une espèce d’élévation euh… C’est vraiment le terme qu’il faut employer, même si je ne suis pas très croyant, et même pas du tout. Mais c’était une élévation, vraiment. Et là, j’ai trouvé ça fantastique. Je me suis dit, c’est quand même formidable, la musique. Et puis, la deuxième, c’était dans un bar qui s’appelle La Cigale. La Cigale, c’est très connu, parce que La Cigale a été gardée comme nom. pour une salle de spectacle très connue maintenant à Paris, mais avant c’était un petit bar qui faisait l’angle entre le boulevard de Clichy, je crois, ça devait être celui-là, ou si pas celui-là c’était un autre, mais enfin c’était à Pigalle, et puis une petite rue qui montait à Montmartre, il y avait un bar, et mon père m’avait emmené écouter pour la première fois un concert de jazz, c’était la première et la dernière fois, d’ailleurs il ne m’a emmené qu’une seule fois, et j’ai vu quatre noirs superbes, beaux vraiment, et qui jouaient une musique fantastique, et là je me suis dit mais c’est génial le jazz. C’est fantastique parce qu’il y a une chose que je trouve très caractéristique, je pensais à ça l’autre jour dans le jazz, c’est que c’est une manière d’être ensemble tout en restant soi. Et je trouve que c’est quelque chose de fantastique. Vraiment, on joue une musique en commun, on s’écoute, tous les musiciens du jazz s’écoutent beaucoup, mais jouent ensemble et restent eux-mêmes. C’est presque un aboutissement en termes de personnalité.
  • Isabelle Wagner : Pourquoi ce Festival à Hure ? à domicile ?
  • Thierry Welhoff : J’ai imaginé un festival parce que j’ai un très grand séchoir à tabac. Il y a différentes tailles de séchoir à tabac. Celui-là a été rallongé deux fois. Un très grand séchoir à tabac en excellent état. C’est magnifique un séchoir à tabac. Quand on est à l’intérieur, c’est tout en bois. On a l’impression d’être dans une immense bibliothèque en fait. Et donc ce séchoir à tabac, je me suis dit, il faudra peut-être un jour que j’en fasse quelque chose. En gardant des palettes pour faire une terrasse, je me suis dit, on va en faire une scène. J’ai monté la scène, j’ai installé des projecteurs. Et puis en mars 2024, je me suis dit, bon, il faut peut-être que… Maintenant, j’active un peu. J’ai été voir la mairie de mon village. J’ai envie de faire un festival. Qu’est-ce que vous en pensez ? Ils étaient tout à fait favorables. Je ne voulais pas le faire sans une espèce d’accord, une espèce d’appréciation de la mairie. Surtout que j’ai appelé ce festival « Les nuits dures » . C’est un jeu de mots. D’ailleurs, en sous-titre, j’ai marqué « Que durent les moments doux » . Mais ça, ce n’est pas une création. C’est Bashung ! Absolument. Bravo. « Je l’ai volé à Bashung » . « Que durent les moments doux » , pour qu’on comprenne que ce ne sont pas des nuits qui sont dures, mais c’est des nuits qui durent. Voilà, c’est ça, les Nuits d’Hure édition 1, c’était en mars 2024 et puis donc le premier festival s’est tenu en septembre 2024.
  • Isabelle Wagner : Et il y a eu tout de suite un engouement pour ce festival ?
  • Thierry Welhoff : Ça a très bien marché, ça a très très bien marché tout de suite. J’ai 200 places pour le festival et j’avais pas fait la totalité, mais j’avais dû vendre 160 places ou 170 places dès la première édition. Alors j’étais très inquiet parce que moi j’avais jamais monté de festival, j’avais jamais fait ça. J’avais fait un peu d’événementiel dans mon domaine, beaucoup de communication, donc ça je sais faire. Mais je n’avais jamais fait de festival, donc je me suis dit, s’il y a moins de 50 personnes, c’est un échec. S’il y a plus de 80 personnes, c’est une réussite. Et puis j’ai vu 160 personnes le premier soir, et je me suis dit, chouette, ça fonctionne, ça marche, ça accroche. Et c’était chouette.
  • Isabelle Wagner : Qu’est-ce que tu as ressenti le premier soir, avec tous ces spectateurs chez toi, devant ces musiciens ?
  • Thierry Welhoff : Du plaisir, parce que moi, d’abord, j’aime bien… On va dire la vérité, je me fais plaisir aussi en venant dire ces musiciens. Je fais venir des très très bons musiciens, d’un peu partout. dont je me fais plaisir, mais ce qui me faisait plaisir, c’est de voir les gens très heureux, très contents, de voir les musiciens très heureux, et ils me disaient… Il me disait « c’est super comme endroit, on revient quand tu veux, c’est chouette » . Et ce qui me faisait encore plus plaisir, c’est les gens qui viennent et qui disent « moi le jazz, on a vu qu’il y avait à manger, à boire, qu’il y avait de l’ambiance, pourquoi pas ? » et qui repartent en disant « en fait, le jazz c’est vachement bien » . Et en fait c’est vrai que le jazz c’est vachement bien, donc je suis content quand je peux faire découvrir à des gens qui ne connaissent pas le jazz que le jazz c’est une musique fantastique.
  • Isabelle Wagner : Toi aussi tu joues un peu ?
  • Thierry Welhoff : J’ai joué, j’ai joué. Si j’avais eu du talent, je serais devenu musicien, mais je ne joue plus. Un jour, je jouais de la guitare jazz, je l’ai posée dans un coin en me disant « Bon, maintenant je vais essayer de bosser un peu plus, j’avais 30 ans, et je me suis consacré à autre chose. » Parce que je me cachais un peu, je me disais quand ça ne marchait pas bien dans mon boulot, je dis ouais mais je suis musicien, et puis quand ça ne marchait pas trop comme musicien, je dis ouais mais je fais autre chose, etc. Donc à un moment il faut arrêter de se fuir et puis il faut faire ce qu’on a à faire, et puis quand on a le temps d’y revenir, ce qui est le cas en ce moment, on revient à ses amours, à cette musique.
  • Isabelle Wagner : Qu’est-ce qui te plaît dans la musique autre que jazz ? Est-ce qu’il y a une chanson comme ça qui te met en joie le matin quand tu te lèves ?
  • Thierry Welhoff : Alors, pas le matin quand je me lève, mais j’aime beaucoup les chansons françaises, les chansons françaises même assez anciennes. Ce qui me met en joie, c’est d’écouter Bourvil. J’adore Bourvil, il est génial. J’adore ce type. En plus, il ne fait pas penser à mon grand-père. Et puis, j’ai un péché inavouable que j’ai avoué ici. J’adore la chanson de Dalida, il venait d’avoir 18 ans. J’adore cette chanson qui me tire les larmes à chaque fois. Je ne sais pas pourquoi, je n’ai jamais rien vécu à avoir à ça, mais cette chanson cette chanson m’aimait particulièrement.
  • Isabelle Wagner : Parce que l’année de tes 18 ans, il s’est passé quoi ?
  • Thierry Welhoff : Il ne s’est rien passé, ce n’est pas lié à mon histoire, mais apparemment je ne suis pas le seul. Ibrahim Malouf, un trompettiste de jazz assez connu et au-delà du jazz, a fait tout un disque sur les chansons de Dalida. Je ne dois pas être le seul à avoir été touché par certaines de ses chansons.
  • Isabelle Wagner : Thierry, quand tu t’occupes de la programmation musicale de ton festival, tu commences à quel moment de l’année ?
  • Thierry Welhoff : A peu près tout le temps, parce que je reçois des propositions. On est assez vite repéré quand on monte un festival. La première année, on démarre, mais dès la première année, après la première année, on commence à être repéré par les managers d’artistes. Et donc, on reçoit très vite des propositions. Mais en gros, un festival, c’est trois temps. Le premier temps, c’est la programmation. C’est dans le premier trimestre de l’année. De janvier à mars, on choisit la programmation. Ce qui est à la fois le plus grand plaisir et la plus grande douleur, parce que pour programmer, choisir, c’est renoncer. Il y a plein d’artistes auxquels on renonce, à qui on annonce « Non, je suis désolé, mais non. » J’ai pas assez de concerts, pas assez de places, et on les trouve formidables quand même. Ça ne veut pas dire qu’on ne les trouve pas bien, mais on est obligé de leur dire non. Donc ça, ce n’est pas la partie la plus sympa. Mais la partie la plus sympa, c’est quand même de construire le programme de manière totalement subjective. Je ne vais pas du tout réunir un comité pour demander la vie. Ça m’arrive de demander la vie à d’autres quand j’ai une hésitation, mais c’est vraiment quelque chose de très personnel. Je programme la musique que j’aime, que j’ai envie d’écouter, et que j’ai envie de faire écouter aux autres. Voilà comment se passe la programmation.
  • Isabelle Wagner : D’accord, donc ça c’est l’année en cours ou c’est l’année précédente ?
  • Thierry Welhoff : c’est l’année en cours, c’est-à-dire que comme le festival a toujours lieu début septembre, la programmation, je la valide entre janvier et mars de la même année. Voilà, janvier-mars 2026. Le deuxième temps, c’est le temps de préparer la communication. Donc en fait, il y a pas mal de choses à préparer pour la communication. Les affiches, les flyers, les communiqués de presse, enfin tout ce qu’il y a à préparer pour la communication. Et puis le troisième temps, qui est le temps pas le plus sympa, mais qui est… très important, c’est la logistique pour que tout se passe bien. Donc il y a beaucoup d’aspects logistiques pour les artistes, pour leur transport, pour l’hébergement, pour le public. Il y a beaucoup de choses à penser, donc on fait des checklists, des to-do lists avec tous les trucs à voir.
  • Isabelle Wagner : Ça fait combien de bénévoles sur le festival ?
  • Thierry Welhoff : Pendant le festival, il y a 25 bénévoles. Il y a pas mal de gens qui sont proposés comme bénévoles et qui sont très actifs. Le festival ne pourrait pas exister sans eux. Et puis il y a une super ambiance entre les bénévoles. Même les artistes me le disaient en me disant qu’il y a un truc très très sympa et c’est vrai que… Il y a une ambiance fantastique.
  • Isabelle Wagner : Les artistes repartent heureux. Est-ce qu’ils dorment sur place ?
  • Thierry Welhoff : Oui, certains dorment sur place. Il y en aura un petit peu moins qui dormiront sur place que les autres fois parce que je dois héberger certains bénévoles. Mais sinon, oui, parfois ils dorment sur place. Et ça, c’est un autre plaisir aussi, c’est de discuter au petit matin avec eux. Je me souviens que l’année dernière, j’ai discuté avec Hugo Lippi, un super guitariste, et parlé pendant une heure avec Hugo Lippi au petit déjeuner de ses rencontres artistiques, de ce qu’il est en train de faire. Ça, c’est formidable.
  • Isabelle Wagner : Tu vas nous faire voyager avec ce festival cette année, donc vendredi, samedi et dimanche du 4 au 6 septembre.
  • Thierry Welhoff : Oui.
  • Isabelle Wagner : Le vendredi, donc il y a déjà la réunion en deuxième partie et juste avant, Jean-Pierre Como, Javier Girotto, tu nous dis pourquoi tu les as choisis ?
  • Thierry Welhoff : Jean-Pierre Como est un excellent pianiste. Javier Girotto est un excellent saxophoniste et ils ont eu la bonne idée d’enregistrer quelque chose d’assez intimiste, très mélodique, très mélodieux, qu’ils ont enregistré à Saint-Emilion. à la Collégiale de Saint-Emilion, un superbe disque qui s’appelle Parfum d’Azur, et ils viennent le présenter donc aux Nuits Dures. Je pense que ça va être un moment pour commencer le festival tout en douceur et pouvoir partager l’émotion avec ces deux merveilleux musiciens que sont donc Jean-Pierre Como et Javier Girotto.
  • Isabelle Wagner : Ensuite ?
  • Thierry Welhoff : du jazz créole avec Valérie Chane Tef. On va se bouger un peu. C’est très tonique, très sympa, très coloré, très chaleureux, ensoleillé. Et puis, elle vient avec une saxophoniste. J’ai beaucoup parlé de saxophoniste parce qu’il se trouve qu’il y en a beaucoup, ce qui n’était pas une volonté, mais il Il y a une très magnifique saxophoniste qui s’appelle Géraldine Laurent que je suis depuis une dizaine d’années. J’ai entendu dans différents endroits, à Paris, en province, qui est originaire de New York et qui est une merveilleuse saxophoniste à découvrir avec Valérie Chane Tef le premier soir. Sa manageuse s’appelle Laurence Axer. Elle habite à Landerwet-sur-Ségur. Je suis devenu copain. Elle était même bénévole cette année. Elle m’a proposé différents artistes, dont Valérie Chane Tef, on s’est mis d’accord sur cet artiste. C’est comme ça que j’ai lu. Et quand, en plus, j’ai vu qu’il y avait Géraldine Laurent, la décision a été prise.
  • Isabelle Wagner : Ça passe aussi par le relationnel.
  • Thierry Welhoff : Oui, bien sûr.
  • Isabelle Wagner : Pas seulement à l’écoute sur les plateformes d’audio.
  • Thierry Welhoff : C’est soit parce que j’entends quelque chose, soit c’est parce que quelqu’un me contacte, soit parce que je connais quelqu’un. Enfin, peu importe la source. Je dirais que le seul guide, c’est est-ce que je pense que ça peut bien s’adapter parce que j’ai quand même une couleur musicale dans ce festival. Un mot-clé qui est mélodique. Donc je le définis souvent, c’est ni du jazz que j’appelle le jazz pouet-pouet, un peu Nouvelle-Orléans, à très, toujours très bien joué, il faut le reconnaître, ou du jazz très intello, très conceptuel, où on se demande où est-ce qu’on va. Donc j’aime bien du jazz mélodique, mélodieux, où on peut rêver, où on peut même avoir la référence de morceaux qui existent déjà, qu’on connaît, mais qui sont réinterprétés en jazz. Donc ça c’est vraiment la ligne. artistique du festival.
  • Isabelle Wagner : On passe à samedi 5 septembre.
  • Thierry Welhoff : Ah samedi, Samedi, je fais venir un type que j’ai repéré sur Instagram. Je ne le connaissais pas. Il est brésilien. Il est incroyable ce type. Il est tout jeune, il a 24 ans. Il vient seul avec sa guitare en première partie. Donc il faudra qu’on a les doigts enfoncés dans le sable, les orteils enfoncés dans le sable pour s’imaginer sur une plage de Bahia ou Sao Paulo. Et donc écoutez Will Santt qui est un… un brésilien qui est pour moi la réincarnation de Jao Gilberto, ceux qui connaissent. Moi j’ai une belle émotion découvrant Jao Gilberto, on parlait des gens qui me provoquaient des belles émotions, et où ils sentent, et comme ça. Alors ils jouent en même temps des morceaux très connus, en même temps ils jouent des compositions personnelles, et là aussi c’est une invitation à la rêverie, au voyage. On ne peut pas au bar faire des rhums, des punchs, mais c’est dommage, mais on pourra en tout cas boire du Saint-Émilion en écoutant de la musique brésilienne.
  • Isabelle Wagner : On s’arrête un moment à Saint-Emilion, parce que ça fait deux fois que tu m’en parles. Saint-Emilion, qu’est-ce qui te plaît le plus ?
  • Thierry Welhoff : Ce qui me plaît le plus, c’est que j’avais un très très bon ami qui a eu la mauvaise idée de nous quitter cette année, qui était un ami depuis 50 ans, je ne suis pas loin de la vérité, mais pas tout à fait, mais presque. Et donc j’aime bien tout cet environnement. J’ai d’autres amis à Saint-Emilion qui sont à la fois cavistes et qui sont négociants en vin. Et puis c’est une ville magnifique qui est devenue un petit peu ville-musée par rapport à ce que je l’ai connue il y a une quarantaine d’années. mais qui est magnifique à visiter, dans lequel il y a une belle ambiance, et puis c’est beau, c’est tout simplement beau, en chassé dans les vignes comme ça, c’est très très beau. Donc j’ai une amie, la fille, sa fille justement, qui fait toujours du Saint-Emilion, et donc ce qu’on boit aux Nuits d’Hure, c’est du Saint-Emilion, que l’avis de tout le monde est excellent.
  • Isabelle Wagner : À consommer avec modération, bien sûr.
  • Thierry Welhoff : Oui, bien sûr.
  • Isabelle Wagner : On passe à Baptiste Herbin Trio, puis ensuite au dimanche 6 septembre.
  • Thierry Welhoff : Bon, je vais toujours dire que c’est fabuleux. Mais il faut me croire, Baptiste Herbin, ceux qui connaissent le jazz, c’est une révélation. Moi, je vais avouer un péché, c’est que je ne le connaissais pas. Je ne le connais que depuis un an. C’est Mathieu Chazarin qui était batteur l’année dernière, qui me l’a fait découvrir. Et quand je l’ai découvert, j’ai dit, c’est juste génial, ce type, il est fantastique. Et donc, il vient avec Mathieu Chazarin, d’ailleurs, et Sylvain Romano en trio. Et là, je pense que… vraisemblablement le public va être ébloui par Baptiste Herbin. Il a une vélocité, une musicalité, il y a vraiment de quoi. Et alors il vient jouer des morceaux qu’il a appelés de son nouveau disque qui s’appelle Django. Parce que ce sont des compositions de Django qu’ils réinterprètent. Donc c’est festif, c’est joyeux. Et ça, je pense que les gens vont apprécier. En tout cas, s’ils apprécient pas… Bon, on l’espère. S’ils apprécient pas, je veux bien être loué sur la place publique.
  • Isabelle Wagner : Le dimanche, c’est une autre formule. Ça ne se fait plus en soirée.
  • Thierry Welhoff : Alors ça, c’est une innovation de cette année. Voilà, je l’ai jamais fait. C’est un essai. Voir si ça va plaire ou pas. Je me suis dit, et si je le faisais le dimanche après-midi ? L’idée m’a été donnée par Charlotte, qui a un bistrot à vin qui s’appelle C Du vin à La Réole. Elle m’a dit, mais tu le fais jamais le dimanche après-midi, je pourrais jamais venir à ton truc ? J’ai dit, bah ok, je le fais le dimanche après-midi la prochaine fois. C’est grâce à elle. D’abord, on commence par un jazzy brunch. Je me dis, c’est sympa. Je vois que les gens viennent, comme ça, s’il fait beau, comme en ce moment, on peut en plus se mettre dans le jardin, il y aura des tentes, bien évidemment. Et donc, en plus de la programmation, j’offre un concert de fanfare, une fanfare bordelaise qui vient, c’est le B FONK-Brass Band qui vient jouer de la fanfare pendant le brunch. Voilà, ça devrait être assez sympa, mais il y a comme… Dans toutes les dates, deux concerts. Un premier concert avec Adrien Moignard, qui est un des meilleurs guitaristes d’origine manouche. Alors il fait du manouche, mais très sophistiqué. Mais c’est un petit peu moins, peut-être, populaire, comme l’avait fait Steven Reinhardt la première année, qui était de la famille de Django. Mais c’est extrêmement poétique, c’est extrêmement sensible. Il joue avec deux guitaristes et un bassiste. Adrien Moignard fait partie des grands de la guitare actuelle. Alors on termine en beauté avec Antonio Farao. Moi j’ai un disque qui tourne en… Non Stop chez moi d’Antonio Farao, un pianiste italien qui vient spécialement d’Europe. On a un brésilien qui vient spécialement du Brésil, qui fait vraiment Rio, Lisbonne, Lisbonne-Bordeaux pour venir au milieu où il sent. Dimanche en fin de journée, on a Antonio Farao, un pianiste, et Stéphane Belmondo. Là, tous les gens qui s’intéressent un peu au jazz connaissent Stéphane Belmondo, très grand trompettiste, donc pour nous jouer quelque chose de très… Très poétique, c’est fait pour aussi inciter la rêverie, mais il y a quand même de la tonicité, je veux dire, on s’ennuie pas, on s’endort pas.
  • Isabelle Wagner : Admirer le ciel étoilé.
  • Thierry Welhoff : Alors ça se passe dans un séchoir à tabac, donc si le temps n’était pas au rendez-vous, tout le monde est couvert, il n’y a pas de soucis, mais on peut aussi écouter… avec un verre, en se mettant sur une boîte de paille dans le jardin, pour profiter de l’environnement. On est vraiment en pleine nature. Et quand on arrive, on va être bordé par deux champs de tournesol. Bon, ils feront peut-être un petit peu la tête les tournesols, parce que ce sera la fin de l’été, mais enfin, ce sera des hauteurs végétales, et on arrivera par un chemin de gravier jusqu’au séchoir à tabac.
  • Isabelle Wagner : Si tu avais été un musicien célèbre, tu aurais aimé être qui ?
  • Thierry Welhoff : Ça aurait été soit effectivement quelqu’un comme Jao Gilberto, c’est ce genre de type dont on a l’impression qu’il joue avec la mesure, c’est-à-dire il y a les barres de mesure qui arrivent, mais on se dit ben non, celle-là je le fais un peu avant, celle-là je le fais un peu après, et je fais comme. je veux et cette espèce de liberté qui vient de Jao Gilberto, je trouve ça vraiment très chouette qui d’autre il y a un guitariste de jazz qui j’affectionne particulièrement il ya plusieurs enfin si je vois le site et 2 je vais citer Wes Montgomery qui a vraiment une sonorité très particulière il jouait avec son pouce si je vois pas avec un médiateur et jouer avec son pouce Tout simplement parce qu’il ne fallait pas qu’il fasse du bruit dans la chambre de bonne qu’il habitait aux Etats-Unis. Donc il s’est entré avec le pouce, puis il trouvait que ça rendait pas mal, donc il a toujours joué avec son pouce. Ça donne un son très velouté qui a été repris par George Benson ensuite, qui est plus connu. Mais Wes Montgomery est formidable, et puis un type aussi extra, Joe Pass, qui a une musique extrêmement sophistiquée. Il paraît qu’il a développé son style en prison, je l’ai appris récemment. Il y a des duos avec Ella Fitzgerald que tout le monde connaît, où c’est juste guitare et voix. Ça vous emporte, ça vous emmène.
  • Isabelle Wagner : Merci pour cette belle histoire.
  • Thierry Welhoff : Merci, Isa.

    https://www.lesnuitsdhure.fr

Cet interview est à écouter en podcast audio sur toutes les plateformes habituelles et sur le site « Les Balades d’Isa W » :
https://podcast.ausha.co/les-balades-d-isa